Souvenirs de naissances royales - médaille commémorative

 

Médaille en étain, L. Hart
commémorant la naissance de Louis-Philippe Victor Ernest, le premier prince héritier belge
Un nouveau-né à Laeken (1833)
KBR, Cabinet des médailles, K 321.

 

 

Un nouveau-né au palais de Laeken en 1833


Au cours des derniers mois de 1830, le Royaume des Pays-Bas touche à sa fin. Les provinces belges s'insurgent contre leur souverain, Guillaume Ier de la maison d'Orange-Nassau. Le 21 juillet 1831, un nouveau roi prête serment : Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Durant l'été de 1832, il épouse Louise d'Orléans, fille du roi de France.


À peine un an après leur mariage, naît le premier enfant à Laeken, le 24 juillet 1833, vers 4.30 heures du matin. Il s'appelle Louis-Philippe Léopold Ernest. C'est un bébé en bonne santé, appelé « Babochon » par la reine Louise. Léopold Ier se targue du fait qu'il est le premier successeur au trône depuis Charles V, né aux « Pays-Bas ». Malheureusement, Louis-Philippe meurt en 1834; il a alors à peine 9 mois et 22 jours. Son corps est inhumé dans la chapelle funéraire des ducs du Brabant dans l'église Sainte-Gudule à Bruxelles. Il faudra attendre 1993 pour que sa dépouille soit transférée à la crypte royale de Laeken. Deux mois après son décès, la reine est à nouveau enceinte. Le couple royal aura encore trois autres enfants : Léopold II (1835-1909), Philippe (1837-1905) et Charlotte (1840-1927).
À l'avers de cette médaille commémorative de 1833 est représenté le portrait de « Babochon » avec l'inscription LOUIS PHILIPPE LEOPOLD VICTOR ERNEST PRINCE ROYAL DES BELGES, XXIV JUILL. MDCCCXXXIII, HART F(ecit)


Au revers, nous voyons le palais royal de Laeken, un soleil levant et le parc où se trouvent un chêne et un oranger qui s'est rompu. Celui-ci renvoie à la rupture définitive avec la maison d'Orange-Nassau ; le chêne représente la nouvelle lignée belge dans la succession au trône. Nous lisons : L'AURORE D'UN BEAU JOUR, LAEKEN, LE XXIV JUILLET MDCCCXXXIII, HART INV(enit)
Cette médaille commémorative a été conçue par Laurent-Joseph Hart (1810-1860) et réalisée dans sa fabrique de médailles qui était établie dans la galerie du Roi n° 6 à Bruxelles.


Les médailles commémoratives étaient très populaires depuis la Renaissance et certains souverains comme Louis XIV, Napoléon mais aussi Guillaume Ier, roi des Pays-Bas en ont fait réaliser des séries impressionnantes afin de perpétuer leurs réalisations dans le métal. De même, à l'époque de Léopold Ier, des centaines de médailles commémoratives ont été fabriquées. À cette époque, l'initiative venait généralement de personnes privées qui réalisaient ces médailles en grand nombre pour des collectionneurs, à tel point qu'on évoque parfois la « médaillomanie » des Belges.
Ces médailles étaient fabriquées à l'aide de poinçons en acier et frappées au balancier. Une telle presse gigantesque se trouve encore aujourd'hui dans une maison de la galerie du Roi, exactement à l'endroit où était établie la firme Hart !
Il existe, de cette médaille, des exemplaires en argent, bronze doré, bronze et étain.
(JvH)


Bibliographie :
G. Deneckere, Leopold I. De eerste koning van Europa, Antwerpen, 2011, p. 224-225.
J.-L. Guioth, Histoire numismatique de la révolution belge, Hasselt, 1844, p. 174-175.
M. Kerckvoorde, Louise van Orléans. Het vergeten leven van Louise-Marie, eerste koningin van België (1812-1850), Tielt, 1988, p. 53-60.


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