Matériel adapté au bébé

Porte-bébé

 

Porte-bébé
Ethnie Cheyenne ou Sioux-Lakota
Plaines, Etats-Unis
Bois, cuir, tissu, métal et perles de verre, 1860-1880
H. 119 cm
Musée Art & Histoire
Inv. ETAM 8658 (don du collectionneur H.G.Bayer, 1933)

 

 

Le porte-bébé en cuir et tissu est recouvert de perles et monté sur un travois en bois formant un A inversé. Cette disposition permet de porter le bébé sur le dos, de le poser verticalement sur le côté d'un tipi ou encore de l'accrocher au flanc du cheval pendant les déplacements. Ce sont le plus souvent les femmes de la famille de l'épouse enceinte qui confectionnent le porte-bébé, le décorant de motifs symboliques qui garantiront la vitalité et la protection du bébé à naître. La partie supérieure des montants est ornée de clous en métal, preuve de la richesse des parents. Une grande partie du couffin est recouverte d'un perlage blanc avec des motifs bleus évoquant des tipis (ou des huttes à sudation) stylisés combinés avec des motifs de perles rouges, vertes et jaunes. Dans la partie inférieure, le cuir a été laissé visible et comporte seulement quelques motifs en perles de couleurs cousues à même le cuir.

 

Les enfants Sioux – Lakota sont appelés Wakanhejapi. Ce qui signifie : ils sont sacrés. Ce nom témoigne donc de leur importance au sein de la société indienne traditionnelle. Ils sont traités avec une extrême affection par leur mère, les femmes de la famille ainsi que leurs tantes maternelles. Les hommes participent à l'éducation en leur apprenant à marcher, nager et monter à cheval. Ce n'est que vers l'âge de 6-7 ans que les femmes s'occupent de l'éducation des filles et les hommes des garçons.

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Porte-bébé à décor floral, Nez Percé,
Photographie réalisée en 1911 par Edward Sheriff Curtis
(1868-1952)

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Mère assiniboine et son enfant.
Photographie réalisée en 1928 par Edward Sheriff Curtis 
(1868-1952)

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Femme kiowa et son enfant.
Photographie réalisée entre 1889 et 1907 par Christopher Charles Stotz (1851-1932) dans son atelier d'El Reno, Oklahoma.
C. Stotz est un des tout premiers photographes américains qui s'est intéressé à la vie quotidienne des Natifs américains.

Les populations des Grandes Plaines

 

Les ethnies des Plaines vivent au centre du territoire nord-américain, dans une vaste étendue de prairies qui s'étire des montagnes Rocheuses jusqu'au Mississippi, incluant au Nord la province de l'Alberta (Canada) et au sud l'état du Texas.
Dès l'arrivée du printemps, des millions de bisons traversent la prairie pour se nourrir et mettre bas. Ces migrations saisonnières rythment toute l'économie des Plaines. La chasse au bison apporte l'essentiel des ressources. Sa viande est consommée fraîche ou séchée. Sa peau est transformée en tente et en vêtements. La chasse est complétée par des cueillettes de plantes et de baies sauvages.
La chasse au bison est l'occasion de grands rassemblements interethniques. Des alliances se nouent, des mariages s'organisent et des cérémonies religieuses, notamment la danse du soleil, regroupent les communautés.
Avant le contact avec les Européens, les populations des Plaines se déplacent à pied. L'introduction du cheval va bouleverser la vie traditionnelle, poussant les ethnies sédentaires à devenir nomade. Le cheval permet des déplacements plus rapides. La chasse au bison à cheval est nettement plus efficace et assure des réserves de nourriture à toute la communauté.

 


Les familles installent leur campement le long des cours d'eau. Ils vivent dans des tipis en peau de bison monté sur des perches en bois. Une dizaine de peaux sont cousues ensemble et décorées de peinture.
Les populations des Plaines sont aussi réputées pour la très grande qualité esthétique de leurs parures. Les femmes nettoient et traitent les peaux et les transforment en vêtements (manteaux, chemises, robes, jambières, mocassins). Elles les décorent en y cousant des broderies réalisées avec des piquants de porc- épic qu'elles ont teints de plusieurs couleurs. Elles utilisent aussi toutes sortes de perles naturelles et des poils d'orignal.
Les contacts avec les Européens et l'arrivée des représentants des congrégations religieuses vont modifier les habitudes artistiques. L'arrivée d'aiguilles en métal et de perles de verres colorées prêtes à l'emploi libèrent leur créativité.

 

 

A propos de la naissance et de l'éducation


Dans les Plaines, l'organisation sociale est basée sur un partage strict des tâches. Les hommes chassent et pêchent. Les femmes consacrent beaucoup de temps à traiter les peaux.
Dès leur plus jeune âge, les enfants sont préparés à remplir leur rôle dans la communauté où homme et femme sont complémentaires.
A la naissance, le cordon ombilical du bébé est conservé et rangé dans une petite bourse en peau décorée de piquants de porc-épic. L'étui prend la forme d'une tortue pour la fille et d'un lézard pour le garçon.
Les parents confectionnent des jouets pour leurs enfants qui vont les aider à se préparer à leur futur rôle. Le père réalise un arc en bois et des flèches pour son fils. Dès l'adolescence, les hommes adultes de son clan préparent son entrée dans une société guerrière. L'interprétation des rêves joue un rôle important dans l'initiation des jeunes guerriers. Ils s'isolent en pleine nature en quête de vision. Au retour de cette retraite qui peut durer plusieurs jours, chaque signe envoyé par le monde surnaturel sera décodé. Les garçons doivent également prouver leur courage en récoltant des plumes d'aigle.
Les filles reçoivent de leur mère des porte-bébés miniatures et des poupées pour les familiariser à leur rôle de mère. Dès qu'elles sont capables de tenir une aiguille en main, elles apprennent comment tanner les peaux et comment assouplir les piquants de porc- épic.

 

Les Cheyennes


Le nom Cheyenne vient du sioux Sha-iye-na et veut dire « parle rouge ». Les Sioux désignent par ce nom un peuple qui parle une autre langue que la leur.
Les Cheyennes s'appellent eux-mêmes Tsistsistas qui signifie «Notre Peuple ». Le dialecte cheyenne appartient à la famille des langues algonquiennes. Leur alphabet contient 14 lettres. Actuellement encore, ils en sont très fiers et veillent à protéger leur langue et leurs traditions.
Les Cheyennes sont des Algonquins originaires du sud des Grands Lacs. A la fin du XVIIe siècle, ils migrent vers l'Ouest jusqu'au fleuve Missouri où ils installent leurs villages et pratiquent l'agriculture (maïs, courge, tabac....)
Vers 1760, ils acquièrent des chevaux auprès des tribus du sud. Comme les autres nations des Plaines, ils deviennent des chasseurs-cueilleurs, abandonnant l'agriculture et la poterie, vivant sous des tipis en peaux de bisons.

 

Les Sioux Lakota

Le nom Sioux que les Européens utilisent vient de l'algonquien siew qui veut dire serpent. C'est avec ce mot qu'ils désignent toujours leurs ennemis. Les guerriers, eux, sont associés à l'Oiseau-Tonnerre qui venait détruire cet ennemi.
Les Sioux forment une nation composée de 3 groupes : les Lakotas (ou Tetons), les Nakotas (ou Yanktons) et les Dakotas (ou Santees). Les Sioux Oglalas font partie des Lakotas. Comme les Cheyennes, les Sioux sont originaires de la région des Grands Lacs.
Parmi les ethnies des Plaines, les Sioux sont parmi les plus célèbres et les plus souvent cités notamment pour leur remarquable capacité de résilience face aux offensives de l'armée fédérale américaine. Durant tout le XIXe siècle, ils se sont illustrés en coupant régulièrement les pistes qui permettaient aux convois de rejoindre les terres convoitées de l'Ouest américain. Ils organisaient de fréquentes attaques qui ont contribué à leur légende.
Les plus grands guerriers ont pour nom Crazy Horse et Sitting bull, de véritables leaders de leur communauté qui se sont démarqués par leur courage en battant le 7ème régiment de cavalerie du général Custer en1876, lors de la bataille de Little Big Horn.



Contact: Anne-Françoise Martin - Collaboratrice collections Amériques


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